Le représentant de la République islamique d’Iran a demandé si le
Rapporteur spécial avait des mesures à recommander aux pays hôtes pour réduire les abus de droits humains à l’égard des migrants. Il a évoqué la révision des droits fondamentaux des
migrants à Durban. Il a ainsi demandé des précisions sur la nouvelle méthode de lutte contre le racisme. Il s’est aussi interrogé sur la nature de la collaboration entre
M. Bustamante et les autres Rapporteurs spéciaux.
La représentante de la Suède, au nom de l’Union européenne (UE), a dit que cette question des droits des migrants devrait être abordée de manière globale compte tenu de la responsabilité des pays
d’origine et de réception. Concernant la protection des enfants, et étant donné que la situation des enfants variait, elle a demandé au Rapporteur spécial s’il avait pu établir des
principes généraux qu’il recommande.
Le représentant du Mexique a déclaré que la semaine dernière, la
Haut-Commissaire aux droits de l’homme avait défini les droits fondamentaux dans la migration. Elle a demandé comment promouvoir cette méthode au Nations Unies, surtout concernant les
droits supérieurs de l’enfant.
Le représentant du Pérou a dit que le problème de la migration
contenait des éléments qui étaient liés aux pays d’origine, de transit et d’accueil. C’est la question d’une responsabilité partagée, a-t-il dit, notant que ce point n’était pas inclus dans
les documents de l’Assemblée générale comme un élément constamment réexaminé.
La représentante du Guatemala a évoqué les visites dans son pays
du Rapporteur spécial, lequel a relevé les efforts du Gouvernement pour mettre au point des méthodes de communication visant à aider les migrants. Elle a demandé ce qui pouvait être fait
pour que les migrants aient un traitement préférentiel lorsqu’ils se trouvent dans des situations irrégulières. Elle a aussi fait état des attaques dont sont victimes les migrants dans les
pays de destination.
M. Bustamante a répondu à la République islamique d’Iran que les bonnes pratiques significatives étaient
celles où les pays avaient décidé d’établir un signe d’égalité entre les enfants migrants et les enfants ayant la nationalité du pays. Au sujet de la crise, il a affirmé que l’Organisation
internationale du Travail (OIT) avait parlé d’un modèle de non-retour de migrants alors que l’on pensait que les personnes reviendraient à cause du chômage, résultant de la crise. Or, ils
restent dans le pays en ayant recours à certains filets de sécurité, a-t-il expliqué. Selon lui, l’aspect des droits de l’homme à examiner est ainsi l’exploitation des migrants en raison de
la crise. Il a rappelé qu’il y avait de grands pays d’accueil qui n’avaient pas ratifié la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des
membres de leur famille. Il s’agit d’une question de pouvoir dont la communauté internationale devrait se sentir préoccupée, a-t-il estimé.
En réponse à la question de l’Union européenne, il s’est dit préoccupé par la criminalisation des migrants dans la
législation de l’Union européenne.
Concernant la question du Mexique, il a déclaré que les mesures de protection des droits de l’enfant devaient
insister sur le travail des enfants. Il s’agit, en effet, d’un phénomène important, notamment en Amérique latine, et auquel les gouvernements devraient accorder plus d’importance car il
viole les normes internationales.
En réponse au Pérou sur la coresponsabilité des États dans le processus migratoire, il a souligné que le phénomène
d’immigration internationale correspondait à des causes et à des conséquences bilatérales. Or, la question de la demande particulière pour des travailleurs sans papiers est négligée dans le
débat et cela a été un obstacle pour traiter le problème, a assuré M. Bustamante.
Présentation de rapport
Protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste
(A/64/211)
Le Rapporteur spécial sur la promotion et la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales de la
lutte antiterroriste, M. Martin Scheinin, demande aux États de « prendre toutes les mesures voulues pour rechercher, établir et contrôler les effets sexistes des mesures antiterroristes
sur les femmes et sur les lesbiennes, les gays, les bisexuels, les transsexuels et les hermaphrodites en les signalant notamment aux organisations intergouvernementales.
M. Scheinin fait l’inventaire, dans son rapport transmis par cette note du Secrétaire général,de la fréquence
et de la nature des violations des droits de l’homme à motivation sexiste découlant des mesures antiterroristes et étudie le lien complexe qui existe entre la lutte pour l’égalité des sexes et la
lutte contre le terrorisme.
Nombre de mesures examinées concernent les droits fondamentaux des femmes mais la problématique sexuelle ne
concerne pas exclusivement les femmes. Elle renvoie en fait aux constructions sociales qui sous-tendent la façon de définir et de comprendre les rôles, les fonctions et les responsabilités
qui incombent aux femmes comme aux hommes, en relation notamment avec leur orientation et leur identité sexuelles.
Outre les droits fondamentaux des femmes, le Secrétaire général analyse donc les effets des mesures
antiterroristes, différenciés selon les sexes et les diverses orientations et identités sexuelles. Il étudie également comment l’appartenance sexuelle s’articule avec d’autres motifs
prohibés de discrimination, comme la race et la religion.
Le Rapporteur spécial recommande aux États de mettre fin à l’impunité de toutes les violations sexistes des droits
de l’homme, directes et indirectes, commises au nom de la lutte contre le terrorisme, y compris les violations des droits économiques, sociaux et culturels, et de prévoir des voies de recours
pour les victimes.
Il les invite également à veiller à ce que les mesures antiterroristes ne ciblent ni n’empêchent des activités qui
ne sont pas des actes de terrorisme, comme l’exercice du droit à la liberté de réunion pacifique et d’association par les défenseurs des droits fondamentaux des femmes et des lesbiennes, des
gays, des bisexuels, des transsexuels et des hermaphrodites.
Comme il l’avait déjà fait l’année dernière, M. Scheinin réitère sa position sur les sanctions et considère
que le Conseil de sécurité et ses organes subsidiaires devraient poursuivre le processus de réforme du mode d’inscription des individus et des entités sur la liste des terroristes pour veiller au
respect intégral des droits l’homme lors de l’imposition et de l’application des sanctions qui en découlent, et inscrire dans cet examen une évaluation de la problématique
sexuelle.
D’autre part, le Conseil de sécurité et ses organes subsidiaires devraient poursuivre le processus de réforme du
mode d’inscription des individus et des entités sur la liste des terroristes pour veiller au respect intégral des droits de l’homme lors de l’imposition et de l’application des sanctions qui en
découlent, et inscrire dans cet examen une évaluation de la problématique sexuelle.
Déclaration liminaire
M. MARTIN SCHEININ, Rapporteur spécial sur la promotion et la protection
des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste, a déclaré qu’il s’adressait à la Troisième Commission pour la cinquième fois et que, cette année, il y
avait des signes prometteurs car plus de gouvernements s’écartaient de cette pratique. Des États ont catégoriquement déclaré, par exemple, qu’ils rejetaient la torture et le recours à des
actes de terrorisme. Malgré cette note optimiste, il faut rester vigilant concernant les nouvelles formes de lutte contre le terrorisme. Il a évoqué sa visite en Égypte, et
l’engagement de ce pays à remplacer l’état d’urgence par une loi contre le terrorisme. Il a exprimé son souhait d’assister à certains procès portant sur le terrorisme et visiter des lieux
de détention. Il a indiqué avoir dû annuler sa visite en Tunisie en dépit de ses contacts avec les autorités. Il est invité en Islande et a souhaité avoir d’autres formes de
coopération avec la Fédération de Russie notamment.
M. Scheinin a traité dans ses rapports de la question de la parité entre les sexes, notamment de la situation
très difficile des femmes palestiniennes lors des contrôles accrus aux frontières. Il a attiré le fait que les femmes, et les femmes enceintes sont souvent victimes du tri lors de la recherche de
terroristes. Il faut, a-t-il dit, garantir la jouissance des droits économiques, sociaux et culturels dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Le rapport va au-delà des droits
de l’homme, il se penche sur les mesures antiterroristes et sur leur impact sur les femmes, les homosexuels, les transsexuels dont les droits sont bafoués, par des viols, des exactions et des
harcèlements administratifs.
Il faut inclure des schémas de réparation, a-t-il dit. Les États doivent cesser de harceler des femmes et
des enfants malmenés pour les utiliser comme indicateurs. Cela devrait être empêché et puni, même quand ces méthodes de torture sont appliquées dans des situations de lutte contre le
terrorisme. La diversité et l’égalité entre les sexes, ainsi que les personnes appartenant à des minorités sexuelles doivent être vues comme des forces et non des groupes à surveiller ou à
harceler dans le cadre de la lutte antiterroriste. Le rapport conclut avec quatre recommandations aux organismes des Nations Unies.
Échange de vues
La déléguée de la République-Unie de Tanzanie, au nom du
Groupe africain, a estimé que le rapport de M. Scheinin illustrait une tentative d’introduction d’une notion très controversée. Il n’y
a pas consensus sur les genres, a-t-elle en effet déclaré, jugeant inquiétant ce rapport, qui, a-t-elle dit, contient des notions d’orientation et d’identité sexuelles autres que celle
internationalement agréés dans les instruments relatifs aux droits de l’homme. Une chose est d’évoquer au passage ces notions, une autre chose est d’en faire l’essentiel de son travail,
a-t-elle ajouté. M. Scheinin a élargi son mandat au-delà du Code de conduite des procédures spéciales, a-t-elle expliqué. Elle a cité en particulier le paragraphe 2 c) de la
résolution 6/28 du Conseil des droits de l’homme qui établit le mandat du Rapporteur spécial en lui demandant d’intégrer une dimension d’égalité des sexes dans toutes les activités menées dans le
cadre de son mandat.
En mettant la question des femmes sur un pied d’égalité avec celle de l’homosexualité, le Rapporteur spécial a
utilisé une approche risquant de saper la crédibilité de tout le système des mandats spéciaux, a-t-elle souligné. Elle a regretté, en outre, que les sources ne soient pas crédibles dans le
rapport. Le Rapporteur spécial a négligé son engagement à se fonder sur des faits fiables basés sur des preuves. Elle a jugé inacceptable le fait que le Rapporteur n’ait pas pris en
compte, comme il se doit, les informations particulières qui lui ont été communiquées par les États sur des situations relevant de son mandat. Elle a indiqué avoir l’impression que tout n’a
pas été fait pour que le Conseil des droits de l’homme soit le premier récipiendaire de ce rapport. Selon elle, l’attitude du titulaire de ce mandat est en violation de l’article 12 du Code
de conduite et sape son indépendance. Elle a exprimé sa tristesse face à un tel rapport et à une telle situation.
La représentante de Sainte-Lucie a souligné sa volonté de
respecter les droits de l’homme de toutes les personnes. C’est pour cette raison que son pays appuie les mandats des procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme. Il faut
disposer de faits fiables et le Rapporteur a modifié son mandat, accepté à l’échelle universelle sur la question de la parité, a-t-elle dit. Elle a estimé qu’il s’était inspiré d’autres
opinions subjectives bien que les droits liés à ces personnes, notamment celui de ne pas faire l’objet de discrimination, soit compris. Mais cela, a-t-elle poursuivi, ne s’inscrivait pas
dans le mandat du Rapporteur spécial. Elle a demandé de nouvelles mesures pour aborder cette lutte dans le cadre sexospécifique et a prié le Rapporteur spécial de respecter son
mandat.
Le représentant de la Malaisie, au nom de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI), a mis l’accent sur l’impartialité, l’objectivité et l’indépendance des titulaires de mandat. Le Conseil
des droits de l’homme, en prolongeant le mandat du Rapporteur spécial, a pour objectif que ce dernier travaille d’abord sur ses tâches de base, en l’occurrence, ici, de s’occuper de l’incidence,
sur les femmes et les hommes, des mesures antiterroristes. Le Rapporteur spécial a outrepassé son mandat, a-t-il estimé. Il a jugé en outre que, dans son rapport, il n’avait pas fait
preuve d’objectivité en tenant compte de faits fiables, reposant sur les règles d’administration des preuves, respectant divers articles du Code de conduite. Il a recommandé au Rapporteur
spécial de s’en tenir à son mandat de base et l’a prié de renforcer la confiance dont il doit jouir en faisant en sorte que ses recommandations ne dépassent pas son mandat. L’OCI regrette
de ne pouvoir examiner cette question, a-t-il affirmé.
Le représentant du Soudan, au nom du Groupe arabe, a estimé que le rapport s’écartait du mandat du Rapporteur spécial, car il tente d’entraîner les États Membres vers un débat sur lequel il n’y a
pas consensus. De même est-il subjectif, car, a-t-il précisé, il assume les désirs et les penchants erronés de personnes ayant des implications sexuelles particulières. Il a exprimé
ses regrets devant la position de M. Scheinin qui détourne des efforts internationaux visant à garantir l’autonomisation des femmes et la garantie de leurs droits. Il a rappelé la
résolution du Conseil des droits de l’homme définissant le mandat du Rapporteur spécial. Les définitions incluses dans son rapport sur la parité constituent une question qui fait l’objet de
divergences au sein des Nations Unies, a-t-il dit. Les titulaires de mandat doivent vérifier les faits et informations qu’ils publient dans leurs rapports, a-t-il ajouté. Il a jugé
que
ses conclusions n’avaient pas un caractère légal conformément au Code de conduite adopté il y a deux ans par le
Conseil des droits de l’homme. Le mandataire et les gouvernements ont une responsabilité partagée et le titulaire de mandat doit respecter la sienne, a-t-il dit. Il a regretté que le
rapport viole toutes ces mesures, en particulier celle figurant dans l’article 12. Le Groupe arabe exprime son profond regret face au comportement du Rapporteur spécial, qui doit tenir
compte et respecter le mandat dans lequel il doit travailler.
Le représentant des États-Unis a souligné que M. Scheinin
avait abordé des questions qui ne l’avaient jamais été auparavant. Le mot « genre » est compris dans son acception habituelle dans les conférences des Nations Unies, a-t-il dit,
précisant qu’il comptait toujours sur cette définition. Il a défendu l’indépendance des détenteurs de mandat. Pour ce qui est des politiques antiterroristes et l’impact sur les
femmes, il s’agit de protéger ces dernières, a-t-il souligné, regrettant l’effet négatif de certaines politiques de lutte antiterroriste sur les femmes et leurs familles.
L’observateur du Saint-Siège a rappelé que le terrorisme
déshumanisait les êtres humains et que les hommes et les femmes faisaient face à des abus et violations. Le terme « genre » doit être pris dans son sens ordinaire à savoir qu’il
repose sur l’identité biologique homme-femme. Il repose sur la définition de la Conférence de Beijing et celle contenue dans le Statut de Rome. Il faut affirmer que toute personne a
une valeur et une dignité, a-t-il encore expliqué.
La représentante de l’Australie a mis l’accent sur les effets que
les activités terroristes et antiterroristes ont sur les femmes et les hommes. Elle a souhaité que les lois antiterroristes soient équilibrées et a appuyé la recommandation de
M. Scheinin appelant à un équilibre entre les sexes dans toutes les mesures et activités antiterroristes. Il faut savoir aussi comment l’argent est utilisé, notamment dans le cadre des
organisations non gouvernementales. Comment de telles ONG, notamment celle des femmes, peuvent être améliorées et préservées, surtout en matière de financement. Elle a traité du
problème des demandeurs transsexuels qui ne peuvent obtenir des extraits d’acte de naissance et donc des passeports. Elle a voulu savoir comment leur permettre de bénéficier de ces droits,
notamment dans lutte antiterroriste.
La déléguée de la Suède, au nom de l’Union européenne (UE), a noté que M. Scheinin avait établi une corrélation entre la diminution du financement de certaines ONG et les mesures de lutte
antiterroriste. Elle a voulu qu’il s’explique davantage sur ce point. Elle a insisté sur le fait que les détenteurs de mandats étaient indépendants mais aussi sur la façon d’exercer
leur fonction et d’organiser leur travail. Elle a déclaré que toute forme de discrimination, y compris pour l’orientation sexuelle, était inacceptable. Les Rapporteurs spéciaux
doivent être libres d’agir comme ils l’entendent, sans menaces directes ou indirectes, dans une totale indépendance, selon leur code de conduite, qu’elle a cité.
La déléguée de l’Argentine a réitéré son appui au travail
impartial du Rapporteur spécial et s’est félicitée de l’analyse supplémentaire présentée sur les procédures du régime de sanction en intégrant le respect des droits. Il ne peut y avoir de
légitimité en matière de lutte contre le terrorisme si le Conseil de sécurité n’est pas conséquent avec lui-même. Elle a souhaité avoir des précisions sur les définitions de
terrorisme.
L’observatrice de la Palestine a vivement remercié le Rapporteur
spécial pour sa visite dans les territoires palestiniens occupés et a exprimé son inquiétude face à la situation difficile des femmes palestiniennes. Les rapports et documents qui examinent
les exactions d’Israël contre les populations palestiniennes disent qu’il faut mettre fin à une situation injuste qui se prolonge depuis plus de 42 ans, car Israël pense être au-dessus de la loi,
a-t-elle estimé, demandant ce qu’il fallait faire pour progresser.
La déléguée de la Finlande a demandé quelles étaient les
incidences et les mesures à prendre contre l’impact des lois antiterroristes sur les autochtones et sur les femmes comme groupe cible. Comment appuyer l’intégration des femmes, des
défenseurs des droits de l’homme dans les démarches de lutte contre le terrorisme?
Le représentant de la Suisse a fait une déclaration générale sur
l’indépendance des procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme. Il a jugé inacceptable que certains États s’attaquent en permanence aux procédures spéciales parce qu’ils ne sont
pas d’accord avec ce qui est contenu dans leur rapport.
La représentante de l’Uruguay a indiqué que la lutte contre la
discrimination était une composante clef de la protection des droits et libertés fondamentales de tous les droits de l’homme. Elle ne pensait pas que le terme « genre » allait
être redéfini. Elle a regretté que l’on ait perdu l’occasion d’examiner ce problème.
La représentante du Canada a appuyé l’impartialité des procédures
spéciales.
La déléguée des Pays-Bas a cité les questions très complexes
traitées dans le rapport de M. Scheinin, en particulier la situation des homosexuels, lesbiennes et transsexuels et, a estimé qu’à l’heure de l’élaboration de mesures de lutte contre le
terrorisme, il était important d’en tenir compte.
Le délégué du Royaume-Uni a affirmé que son pays défendrait
résolument les procédures spéciales, et que les titulaires de mandats étaient libres de toute considération politique. La Troisième Commission doit avoir accès à des rapports consacrés à
tous les droits de l’homme et toutes les questions traités dans le présent rapport sont pertinentes et leurs études doivent être poursuivie, a-t-il dit, ajoutant qu’il continuerait de s’opposer à
toute tentative de les négliger.
Le délégué de l’Inde a affirmé que le rapport avait redéfini la
parité et donc dilué la question de la parité entre hommes et femmes dans la lutte contre le terrorisme. Il n’y a pas eu un débat circonstancié sur les questions figurant dans le rapport,
a-t-il estimé, ajoutant que la plupart des recommandations ne traitaient pas des questions essentielles.
Le représentant du Mexique a promu la création et le
renouvellement de ce mandat spécial et a reconnu les apports considérables de M. Scheinin durant ses cinq années d’activités. L’intégrité, l’impartialité et l’indépendance sont
essentielles dans son travail et les États Membres continuent à appuyer ces principes, notamment dans la lutte contre le terrorisme. Il a désiré savoir dans quel domaine l’aide technique
pouvait être utile de manière efficace dans la lutte antiterroriste.
Le délégué du Chili a déclaré qu’exclure une catégorie de
personnes était discriminatoire. Il a cherché à savoir quelle coopération serait susceptible d’être établie entre les organisations régionales pour appuyer le mandat du
rapporteur.
La déléguée de la Norvège a pleinement appuyé le Rapporteur
spécial et le contenu de son dernier rapport. Elle a encouragé à promouvoir une compréhension plus approfondie de l’impact sur les femmes et les hommes des mesures antiterroristes, sans
tenir compte de la race, de la religion ou de toute autre considération. Elle a estimé essentiel que les titulaires de mandats puissent maintenir leur indépendance et
intégrité.
La déléguée de Cuba a déclaré que sa délégation avait suivi de
près l’évolution de ce mandat au cours des dernières années et condamné le terrorisme, la torture, les traitements cruels, dégradants ou inhumains, qu’ils aient lieu dans les territoires occupés,
les bases navales ou les lieux secrets de la l’Agence centrale de renseignement (CIA). Elle a encouragé le Rapporteur spécial à tenir compte des commentaires faits par différents pays
aujourd’hui et des principes d’intégrité, d’indépendance et d’impartialité. Elle voulu savoir ce qu’il pensait des indemnisations et des réparations de victimes de terrorisme, dont
certaines sont dans diverses prisons comme c’est le cas de la base de Guantanamo. Des gardiens de prison ont appliqué des méthodes d’interrogations sur des musulmans. Elle encouragé
le Rapporteur spécial à consacrer son prochain rapport à l’indemnisation et à la réhabilitation des victimes de la torture notamment pour qu’ils puissent avoir recours aux
tribunaux.
M. Scheinin a répondu qu’il serait utile d’aboutir à un consensus sur la question de la parité. Il a
déclaré qu’il ne voyait pas, ici, de violation du Code de conduite adopté par le Conseil des droits de l’homme. Concernant les sources, il a dit qu’il s’était appuyé sur les recommandations
faites par le Conseil des droits de l’homme. Le Code de conduite dit que le Conseil des droits de l’homme est celui qui reçoit des suggestions. Toutefois, il est pertinent de
présenter des recommandations à l’Assemblée générale car elle s’occupe de questions qui vont au-delà des droits de l’homme, notamment le terrorisme. Sur le mot « genre », il a
affirmé que ce mot s’appliquait aux personnes dans leur contexte social et ce contexte différait d’un lieu à l’autre. La question de l’identité des sexes fait partie de ce problème.
Cela n’enlève rien à la question des droits des femmes. Plusieurs des violations à l’égard des femmes sont liées à l’aspect sexuel car les femmes ne respectent pas le rôle que l’on
attend d’elle. Concernant la discrimination liée au sexe, il y a une base dans le droit humanitaire pour traiter de l’orientation sexuelle, a-t-il ajouté. Les textes des Nations
Uniesreconnaissent que la parité n’est pas quelque chose de statique, a-t-il expliqué. Il a constaté que l’essentiel du rapport lié aux hommes n’avait rien à voir avec leur orientation
sexuelle. Cela concerne l’homophobie utilisée pour briser une personne. Il s’agit de défendre le droit de quiconque, de respecter la dignité de toute personne
humaine.
Comment améliorer le rôle des femmes dans les mesures antiterroristes? Il a déclaré avoir abordé cette
question dans les rapports par pays, par exemple, en Turquie au sujet de l’éducation des filles. Il a aussi prôné l’idée que la pleine jouissance des droits des femmes était une manière de
créer une société à l’abri du terrorisme.
Le Rapporteur spécial a ajouté, concernant le rôle des Nations Unies, certaines mesures devaient être utilisées
par le Comité de lutte contre le terrorisme. Il faut identifier les meilleures pratiques, a-t-il dit, soulignant la nécessité d’évaluer le genre dans l’examen des mesures contre le
terrorisme. En réponse à l’Inde, il a affirmé que plusieurs de ses recommandations traitaient directement des femmes et des droits fondamentaux dans la lutte contre le terrorisme. Sur
les territoires palestiniens occupés, le rapport de 2007 contenait des recommandations sur ce sujet. Il s’agissait, a-t-il dit, de petites mesures puisque les grandes mesures doivent être
mises en œuvre par les acteurs politiques. En réponse à la Finlande, il a affirmé que les femmes autochtones devaient être entendues au niveau national et que la communauté internationale
devait veiller à la promotion des femmes autochtones.
Déclaration liminaire
Mme JESSICA NEUWIRTH, du Bureau de New York du Haut-Commissariat aux
droits de l’homme, a présenté le rapport du Secrétaire Général sur le Centre sous-régional pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique centrale (A/64/33), le rapport du
Secrétaire Général sur les institutions nationales pour la promotion et la protection des droits de l’homme (A/64/320), le rapport du Secrétaire Général
sur l’Année internationale de l’apprentissage des droits de l’homme (A/64/293), le rapport du Secrétaire Général
sur la mondialisation et ses effets sur le plein exercice des droits de l’homme (A/64/265), le rapport du Secrétaire Général
sur le droit au développement (A/64/256), le rapport du Secrétaire Général sur la lutte contre le dénigrement des religions (A/64/209), le rapport du Secrétaire Général
sur les droits de l’homme des migrants (A/64/188), le rapport du Secrétaire Général sur la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste
(A/64/186), le
rapport du Secrétaire Général sur la situation des droits de l’homme dans la République Islamique d’Iran (A/64/357), le rapport du Secrétaire Général
sur la situation des droits de l’homme dans la République Démocratique de Corée (A/64/319).
Pour chaque rapport, Mme Neuwirth a mis en lumière les points importants, les défis à relever et les
recommandations.
Les résumés de ces rapports ont été publiés dans notre document daté du 22 octobre 2009
(AG/SHC/3956).
Échange de vues
Le représentant de la République islamique d’Iran a abordé le
rapport sur son pays. Il a affirmé que la résolution de l’Assemblée générale qui donnait droit à la préparation de ce rapport avait vu le jour suite aux ambitions politiques du Canada.
La décision qui a permis à ce rapport de voir le jour ne se justifie pas, a-t-il dit. Le mécanisme a été utilisé par le Gouvernement canadien pour satisfaire ses ambitions
politiques. En outre, il a souligné que l’Iran avait présenté des éléments objectifs que le rapport ne reflétait pas fidèlement. Il s’agit, au contraire, d’un catalogue d’allégations
périmées qui s’efforce de présenter des éléments négatifs en fermant les yeux sur les évolutions positives. Ce rapport souffre de partialité et n’est pas précis, a-t-il commenté. Il a
ajouté que son pays menait une politique des droits de l’homme, compte tenu de ses particularités, centrée sur une approche interactive. Cette politique implique des mesures visant à surmonter
les obstacles aux droits de l’homme. L’Iran est décidé d’utiliser son potentiel pour réaliser les droits de l’homme sur la base des instruments internationaux. L’Iran s’engage à
protéger les droits de l’homme pour le bonheur complet et entier de ses citoyens, a-t-il encore souligné.
La représentante du Cameroun s’est intéressée au rapport du
Secrétaire Général sur le Centre sous-régional pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique centrale. Elle aurait souhaité que le centre fasse le bilan de sa dernière
stratégie. Elle a salué la nomination du nouveau Directeur du centre et, à ce titre, a demandé si le personnel du Centre avait été recruté conformément à la résolution adoptée ici en
2007. Elle a relevé que l’Afrique centrale était en période électorale et a souhaité que le Centre contribue davantage à la sensibilisation de la société civile aux droits de l’homme.
Cela doit être inclus dans sa nouvelle stratégie, a-t-elle dit. En outre, le rapport a relevé le problème des prisons et de la liberté de la presse en Afrique centrale. Elle a
souligné à cet égard que le Cameroun s’était engagé à tout faire pour que les prisonniers soient traités humainement. Le Cameroun a ainsi augmenté le budget dans ce domaine. Sur la
liberté de communication, le Gouvernement du Cameroun s’attèle au renforcement des organes de presse. Selon elle, il faut sensibiliser les journalistes au respect de la déontologie de la
fonction.
Mme Neuwirth a répondu à l’Iran que le rapport utilisait des informations concernant les procédures du
Haut-Commissariat aux droits de l’homme ainsi que des informations fournies par les organisations non gouvernementales. En outre, le rapport a été partagé avec l’Iran pour tenir compte des
commentaires du pays. La rédaction a été consultative.
Au sujet du Centre sous-régional pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique centrale, elle a souligné
qu’il y avait plusieurs locaux qui comptaient 11 personnes au total. Elle a affirmé qu’une stratégie de trois ans allait être mise en place. Il s’agit de renforcer les capacités des
personnes concernant la lutte contre le racisme, les discriminations de personnes ayant un handicap ou la traite, l’appui de campagnes contre la violence à l’encontre des femmes, le renforcer de
capacités des journalistes en matière de droits de l’homme.
Déclaration liminaire
M. B. LYNN PASCOE, Secrétaire général adjoint aux affaires
politiques, a décrit les activités du système des Nations Unies dans la fourniture d’assistance électorale aux États Membres au cours des deux années écoulées, conformément à la résolution
62/150 du 18 décembre 2007 de l’Assemblée générale. Il a indiqué qu’une telle assistance était fournie aux États Membres qui en faisaient la demande ou sur la base d’une résolution émanant
du Conseil de sécurité ou de l’Assemblée générale, dans le respect du principe de l’égalité souveraine entre les États. Il a ajouté qu’il n’existait pas une seule méthodologie ou un système
électoral approprié pour tous les pays. En sa qualité de point focal pour l’assistance aux activités électorales, M. Pascoe est responsable de la cohérence d’ordre organisationnel,
politique et technique de l’Organisation en la matière. Au cours des 20 dernières années, l’ONU a offert une assistance à 104 États Membres, à quatre territoires et, pendant la
période à l’examen, à 52 États Membres et, dans huit cas, cette assistance reposait sur un mandat émanant du Conseil de sécurité.
Au fil des ans, l’ONU a accumulé une expérience significative dans ce domaine et dispose d’un fichier d’experts
électoraux. Elle a désormais une expérience certaine dans l’assistance électorale, y compris dans les environnements géographiques et les périodes post-conflits les plus difficiles.
L’atout de l’Organisation demeure son impartialité étant donné le caractère fondamentalement politique de tout processus électoral. M. Pascoe a indiqué que le rapport mettait l’accent
sur plusieurs tendances positives, notamment l’augmentation du nombre d’États Membres organisant des élections en tant que moyen pacifique de consulter leur population, le nombre croissant de
nouvelles démocraties et l’augmentation de la coopération Sud-Sud entre les administrateurs électoraux.
Il a néanmoins cité plusieurs défis, notamment le potentiel que les élections soient entachées de discorde ou de
violence politique, en particulier après l’annonce des résultats. Il a également fait état des préoccupations relatives aux coûts des élections et à leur durabilité. Avec
l’augmentation du nombre des acteurs impliqués dans ce processus tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des Nations Unies, il est nécessaire d’assurer une coordination et une cohésion afin de
préserver l’impartialité de l’ONU, a-t-il estimé.
La résolution 62/150 de l’Assemblée générale a réitéré l’importance du renforcement de la coordination et
réaffirmé le rôle du point focal en veillant à une cohérence à l’échelle de l’ensemble du système, y compris le renforcement de la mémoire institutionnelle ainsi que le développement et la
diffusion des politiques électorales. Pendant la période à l’examen, les Nations Unies ont continué à améliorer la coopération avec d’autres organisations gouvernementales, internationales
et non gouvernementales.
M. Pascoe a recommandé aux États Membres, aux bailleurs de fonds et aux pourvoyeurs d’assistance de prendre en
considération le coût du processus électoral dans le contexte d’autres priorités du développement, en particulier les Objectif du Millénaire pour le développement (OMD). Des élections bien
conduites constituent un investissement crucial, mais l’expérience de par le monde a prouvé que ce ne sont pas les systèmes les plus coûteux et les plus complexes qui garantissent le succès des
élections.
Le rapport conclut en rappelant que les élections sont avant tout des processus politiques et leur véritable
évaluation dépendra de la réaction des populations qui y ont participé. Il faut donc encourager chacun à y participer pour que leur résultat soit pacifique.
Échange de vues
La représentante des États-Unis a demandé à M. Pascoe quelle
tendance il observait dans l’aide électorale et dans quels domaines se trouvaient les besoins particuliers.
M. Pascoe a répondu que des tendances mises en lumière dans le rapport portaient sur la possibilité que des
élections conduisent à des troubles ou à des divisions dans des situations après le comptage des votes. Le Secrétaire général adjoint est ainsi intervenu au Bangladesh ou en Mauritanie, à
la demande des États. Le coût des élections est onéreux dans le contexte des difficultés économiques actuelles. Certains pays pauvres opèrent des choix d’élections très coûteux, ce
qui préoccupe son Bureau lorsqu’il donne des conseils sur la faisabilité et le caractère durable. Il faut garder à l’exprimer le coût des élections et la nécessité de la réalisation des
Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Au sein des Nations Unies, on veille en particulier à la cohérence et à apporter des réponses concrètes aux États
Membres.
La déléguée de Djibouti a évoqué la tendance des pays à opter
pour des élections aux coûts exorbitants. Quelle explication pourrait sous-tendre cette tendance, a-t-elle demandé
M. CRAIG JENNESS, Directeur de la Division pour l’assistance
électorale, a répondu que cela relevait de la volonté des États Membres qui ont le droit de choisir leur système électoral. La raison reprise dans le rapport souligne que les Nations
Unies doivent s’assurer de parler de toutes les possibilités existantes pour que l’État Membre ait toutes les données pour faire son choix. C’est précisément ce que le rapport met en
exergue, c’est-à-dire qu’il faut inclure les aspects du coût, maintenant et dans l’avenir, dans une optique de durabilité.
Le représentant de l’Afrique du Sud a posé une question se
rapprochant de celle de Djibouti. Il s’est interrogé sur les liens entre la nécessité d’organiser des élections transparentes et honnêtes et l’utilisation des ressources
disponibles. L’Union africaine ne pourrait-elle pas offrir une approche plus productive pour combler les lacunes des États Membres en la matière, a-t-il demandé.
Des élections honnêtes et libres ne sont pas particulièrement coûteuses, a estimé M. Jenness. Certains
aspects, comme la transparence et l’impartialité ne coûte rien du tout, a-t-il dit. Il existe, selon lui, des principes très larges auxquels tous peuvent souscrire comme la transparence,
l’égalité, y compris entre les sexes, et qui ne coûtent pas cher.
La délégation de l’Afrique du Sud est revenue sur le fait que la
transparence impliquait un coût, ce qu’elle a déploré. Pour les pays en développement, les principes appliqués ailleurs ne sont pas applicables dans la pratique dans certaines
régions. En Afrique du Sud, par exemple, la transmission par les médias est difficile et coûteuse. Comment organiser un processus transparent avec des médias qui coûtent souvent très
chers, a-t-elle demandé. La communauté internationale désire que cela soit fait dans un laps de temps déterminé et exige des résultats. La dimension est un peu différente par rapport
aux pays développés.
M. Jenness a confirmé qu’en effet ces propos étaient de plus en plus fréquents. Certains commentaires faits
sur la technologie et la durabilité ont été abordés dans le rapport. La vraie mesure des élections sera calculée sur la base des résultats. Il y a, en effet, diverses façons de
garantir la confiance du public et, en la matière, il n’y a pas une méthode qui fonctionnerait pour tout le monde, a-t-il expliqué.
Débat général
M. HENRY MAC-DONALD (Surinam), au nom de la Communauté des
Caraïbes (CARICOM), a déclaré que les références à la Charte des droits de l’homme avaient servi de catalyseur pour développer le droit international relatif aux droits de l’homme.
Actuellement, les crises économique et financière ont des effets sur la vie des populations les plus pauvres. La crise affecte l’exercice de plusieurs droits humains et entrave les efforts
des pays en développement de parvenir à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) d’ici à 2015. Les droits économiques et culturels ne sont pas les seuls à être
mis en cause, les droits politiques le sont aussi. Les disparités économiques empiètent sur le droit à la liberté d’expression. Alors que la communauté internationale essaie de
trouver des réponses face aux crises économique et financière, il semble que les droits de l’homme ont été relégués au second plan. La CARICOM reconnaît la responsabilité des gouvernants
nationaux dans la réalisation des droits de l’homme, mais elle est d’accord avec le Rapporteur spécial sur les droits de l’homme et la pauvreté extrême, et juge nécessaire une coopération
internationale accrue.
Concernant les pays de la CARICOM, il a fait état de progrès sur le plan socioéconomique. Cependant, la
région reste vulnérable, a-t-il dit. Le représentant a déclaré que la crise ne devait pas être utilisée comme un prétexte des pays développés afin de diminuer l’aide aux pays en
développement. Selon lui, l’éducation aux droits de l’homme est une condition importante et représente un élément essentiel dans la mise en œuvre nationale dans la mesure où les droits de
l’homme ne peuvent être appliqués que s’ils sont connus. L’éducation est nécessaire pour renforcer une culture de respect pour les droits de l’homme. Il a souligné également que les
partenariats et la coopération renforcés étaient nécessaires afin d’aboutir aux objectifs du Programme mondial pour l’éducation aux droits de l’homme. La CARICOM réitère l’idée selon
laquelle les mesures contre le terrorisme devraient être conformes aux normes internationales. Il a rappelé également l’opposition de la CARICOM à la torture. Enfin, il a abordé la
question de l’initiative lancée par l’Union africaine pour ériger aux Nations Unies un mémorial aux victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique. Il a demandé à tous les États
Membres de soutenir ce projet.
M. CLAUDE HELLER (Mexique), qui s’exprimait au nom du
Groupe de Rio, a déclaré que la composition des sociétés actuelles était le résultat des flux migratoires contemporains et historiques. Le
continent américain en est l’exemple. Les pays du Groupe de Rio sont fiers de leur caractère pluriethnique et multiculturel. La contribution des migrants au développement économique
et social dans les sociétés d’accueil n’est pas assez reconnue, a-t-elle dit, notant que les crises économiques et financières renforçaient ce sentiment. Il a souligné qu’il regrettait les
lois qui pénalisaient les migrations de sans-papiers dans la mesure où les migrants devaient souvent surmonter des détentions illégales. Il a demandé la suppression de la détention de
personnes n’ayant pas commis de délit. Il a aussi demandé l’élimination des lois qui, avec un objet politique, encouragent une migration périlleuse et parfois fatale pour
certains.
Le représentant a remarqué la tendance vers la pénalisation et la criminalisation des migrants. Selon lui,
il faut promouvoir des attitudes positives vers des sociétés plus tolérantes et plus humaines. Le Groupe de Rio reconnaît que la coopération et le dialogue entre les pays étaient
indispensables, plus particulièrement entre les pays d’origine, de transit et de destination, pour faire face aux dimensions du phénomène de la migration de manière globale. Les migrations
impliquent des êtres humains qui ne peuvent pas être gérés de manière mécanique. À cet égard, il est nécessaire que l’être humain soit au centre des considérations sur cette question.
En outre, la lutte contre le racisme, et la xénophobie est une tâche urgente. Le Groupe de Rio est heureux de constater que la question des droits de l’homme avait été examinée lors de la
deuxième session du Forum mondial sur la migration et le développement. Il y a toujours des violations des libertés fondamentales des migrants dans diverses parties du monde, et ce, 60 ans
après l’anniversaire de la Déclaration des droits de l’homme, a constaté le représentant.
Mme CHARLOTTA SCHLYTER (Suède), qui s’exprimait au nom de
l’Union européenne, a rappelé que les 60 dernières années avaient vu une évolution dans l’élaboration et la mise en œuvre du cadre normatif
international en matière des droits de l’homme. L’attitude de la communauté internationale a donc évolué et il est temps de mettre en pratique toutes les conventions et les traités relatifs
à ces droits pour tous les individus dans le monde. Certains membres ont aboli la peine de mort dans leur législation, notamment au Togo et au Burundi au cours de cette année.
D’autres, en revanche, ont pratiqué des exécutions. Elle a rappelé le droit à la vie et a demandé à tous les États qui utilisent encore ce châtiment d’aller dans le sens de son
abolition. Elle a espéré une coopération lors de l’examen de cette question l’année prochaine.
L’Union européenne croit fermement en la tolérance, la non-discrimination et la liberté d’expression, de pensée,
de conscience et de liberté de religion ou de conviction. Ce sont là les fondements mêmes sur lesquels repose l’Union et sur lesquels ses membres se sont engagés. Elle a plaidé en
faveur de la liberté d’expression, notamment celle des médias et de leur pluralisme. Un des défis est le recours aux restrictions de l’utilisation de technologies comme l’Internet.
Ces restrictions ne doivent exister que dans des cas précis tels que définis et stipulés par certains instruments internationaux.
Elle s’est déclarée troublée par la violence contre les défenseurs des droits de la personne et les droits de
femmes, de même que les défenseurs des lesbiennes, des gays, des bisexuels et des transsexuels. Elle a réitéré la position de l’Union européenne sur l’interdiction absolue de la torture,
des traitements cruels, dégradants ou inhumains, et a demandé aux États d’adhérer à la Convention sur l’interdiction de la torture. Elle a invité tous les États parties à s’acquitter de
leurs obligations au titre de cette Convention. Elle a insisté sur la protection de la liberté de religion et de conviction et a rappelé que l’Union européenne avait présenté un projet de
résolution à cet égard, comme ce fut le cas l’an dernier et a fait mention de la liberté de religion, y compris celle aussi des athées. Elle s’est déclarée préoccupée par les informations
faisant état de répression ou de violence à l’égard de personnes sans confession ou n’ayant pas de religion.
L’Union européenne estime qu’il faut davantage d’efforts pour la mise en œuvre des droits économiques, sociaux et
culturels. Il appartient aux parties du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels de pleinement le mettre en œuvre. Elle a ensuite invité à la pleine
réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Elle a demandé à tous les États de n’exercer aucune forme de discrimination à l’égard des personnes et de dépénaliser
les rapports des personnes du même sexe, et autres individus bisexuels et transsexuels. C’est toujours un défi, mais il relève de la responsabilité de tous les états de respecter les droits
de tous, a conclu la représentante.
M. CHRISTIAN WENAWESER (Liechtenstein) a estimé que les résultats
établis par le Conseil des droits de l’homme constituaient une source de préoccupation. En effet, il a observé un défi entre les droits et leur mise en œuvre. Selon lui, depuis
plusieurs années, nous insistons sur la nécessité de mettre en œuvre les normes existantes plutôt que d’en créer de nouvelles. Or la réalité de notre travail n’illustre pas cette
promesse. Il faut, a-t-il dit, examiner les résultats des organes intergouvernementaux. Il a rappelé que tous avaient convenu, lors de la Conférence mondiale sur les droits de l’homme
à Vienne, que la promotion et la protection de ces derniers relevaient de la responsabilité première des États, tout en revêtant un intérêt légitime pour la communauté internationale. Cela
doit être le point de départ du travail de mise en œuvre. Il s’agit, a-t-il poursuivi, de l’obligation d’aider les États qui n’arrivent pas à mettre en œuvre les droits de l’homme. Il
a déclaré que l’examen périodique, qui est universel, transparent et non-sélectif, a pour objectif de suivre les résultats et de fournir une aide.
Le représentant a salué le fait que les États avaient pris ce mécanisme au sérieux et avaient envoyé des
délégations de haut niveau. Cependant, il s’est demandé si l’examen périodique universel serait capable d’atteindre tous les objectifs fixés, et de jouer le rôle attendu dans la mise en
œuvre. Pour cela, le système doit être lié à d’autres aspects des travaux du Conseil, en particulier au travail des organes des traités. En outre, le Conseil possède la compétence de
réagir aux situations de violations systématiques des droits de l’homme qui ont peu à voir avec les capacités de l’État, en question, de protéger et de promouvoir les droits de l’homme.
Dans ce domaine, le Conseil continue d’obtenir des résultats très peu satisfaisants. Il a ainsi réitéré le rôle du système de procédures spéciales qui permet de prendre en
considération les situations spécifiques et qui représente un élément central du système des droits de l’homme.
Mme ASUZA SHINOHARA (Japon) a déclaré que la promotion et la
protection des droits de l’homme et la consolidation de la démocratie étaient des normes universelles qui ne pouvaient exister que si tous les individus étaient élevés dans ces principes.
Le Japon œuvre au renforcement de la capacité de chaque individu et de la société civile en général à réaliser leur plein potentiel. Dans le cadre de la crise économique et financière, il
est essentiel de protéger les plus vulnérables, premières victimes de la faim, des maladies et d’autres fléaux qui diminuent la résistance humaine. Ainsi, le Japon continuera encore et
toujours à fournir une aide aux pays en faisant tout pour protéger les droits de l’homme, dans le respect des valeurs de la démocratie. La protection des droits de l’homme ne doit pas se
faire uniquement dans cette enceinte des Nations Unies mais aussi, et surtout, au niveau des pays.
La représentante a présenté une initiative japonaise sur la reconnaissance de la discrimination des victimes de la
lèpre. De nombreux malentendus mènent à des stéréotypes et le Japon a participé au processus, au sein du Conseil des droits de l’homme, qui a été adopté à sa douzième session de manière à
mettre fin aux discriminations à l’encontre des personnes atteintes par la lèpre et les membres de leur famille.
Mme GALINA KHVAN (Fédération de Russie) a déclaré que les droits
de l’homme ces dernières années avaient gagné en importance, mais que les normes universelles n’étaient pas pleinement mises en place. Selon elle, cela est dû à une approche sélective des
droits de l’homme et des principes de la démocratie. Le principe, selon elle, est que chaque pays doit décider de quelle manière il doit se développer. Il faut tenir compte des us et
coutumes des sociétés, tenter d’imposer les choses de manière unilatérale étant inacceptable.
La représentante a qualifié le Conseil des droits de l’homme d’instrument essentiel. En trois années, le
Conseil a démontré toutes ces raisons d’être, a-t-elle dit. Le Conseil des droits de l’homme est une structure nouvelle qui développe une coopération interétatique en tentant d’impliquer un
maximum de participants, a-t-elle ajouté. Selon elle, la confiance de la communauté internationale se traduit dans l’Examen périodique universel. Cet Examen se déroule de manière
constructive et les pays qui participent montrent qu’ils sont prêts à prendre des initiatives concrètes dans cette voie. Cela ne serait pas possible sans l’aide du Haut-Commissariat aux
droits de l’homme. Ce travail doit avoir une conception dépolitisée des droits de l’homme, a ajouté la représentante.
M. AMJAD HUSSAIN B. SIAL (Pakistan) a déclaré que la communauté
internationale avait parcouru un long chemin dans l’élaboration d’instruments normatifs garantissant les droits inaliénables et égaux de toutes les personnes. La mise en œuvre de ces
instruments représente la lutte de millions de personnes qui continuent de souffrir au nom de la cupidité. Il a attiré l’attention sur les personnes vivant sous occupation étrangère et a
insisté sur la nécessité d’accorder la même attention aux droits économiques, sociaux et culturels, d’une part, et les droits civils et politiques de l’autre. Il a exhorté les pays à
séparer les questions politiques de la promotion et la protection des droits de l’homme. Il a fustigé les nouvelles tendances de racisme, de xénophobie et de haine religieuse. La
liberté d’expression est sacrée mais ne doit pas servir de prétexte pour inciter à la haine et à la violence. Il a mis en garde contre les appels à la haine sur des minorités au nom de la
liberté d’expression. Le dialogue avec les Rapporteurs spéciaux permet d’écouter leur point de vue et d’évaluer les résultats de leurs recherches et leurs conclusions. Certains
rapports contiennent des points de vue politiquement motivés ce qui va à l’encontre de leur mandat, a-t-il également observé. Il a espéré que les rapporteurs spéciaux feraient part de leur
opinion sans saper le caractère de leur mandat.
Il a ensuite décrit la constitution pakistanaise centrée sur la garantie des droits de l’homme pour les hommes,
les femmes, les enfants et les libertés. Il a fait le bilan des signatures et des ratifications de traités internationaux sur les droits de l’homme par son Gouvernement et a fait part de la
création d’une Commission des droits de l’homme inspirée des Principes de Paris. Depuis peu d’années, le Pakistan a fait un grand pas vers la démocratie, avec des élections libres, une
société civile solide active et critique à l’égard du Gouvernement. Cette société joue un rôle essentiel pour favoriser la transparence et pour aider à modifier certaines attitudes dans la
société.
Le monde, et particulièrement la région du Pakistan, sont particulièrement confrontés aux défis de l’extrémisme et
du terrorisme. Le Pakistan est résolument déterminé à éliminer ces fléaux de son territoire car ils sont étrangers à son éthique. La nation toute entière est unie dans cette
détermination à faire échec à toutes ces menaces par le truchement d’une stratégie globale et efficace. Cette stratégie a, du reste, enregistré des succès dans la lutte contre la terreur et
grâce à l’aide généreuse des pays amis et des partenaires au sein de la communauté internationale.
Mme CLAUDIA BLUM (Colombie) a énuméré différentes mesures prises
par son pays en matière de droits de l’homme. Elle a notamment fait référence au Plan de développement national qui a permis des progrès significatifs au niveau des droits économiques,
sociaux et culturels. Le renforcement de l’état de droit, la baisse de la violence grâce à la police de sécurité démocratique et la démilitarisation de plus de 52 000 membres de
groupes illégaux armés a eu des conséquences positives dans les domaines de la justice, de la paix et de la réparation aux victimes. Diverses institutions et des stratégies spécifiques ont
été importantes à cet égard, a-t-elle dit, citant notamment le Programme présidentiel pour les droits de l’homme.
L’État, a-t-elle ajouté, continuera à renforcer ces cadres politiques pour la protection des défenseurs des droits
de l’homme. Le budget du programme de protection du Ministère de l’intérieur et de la justice a, à cet égard, augmenté. La représentante a, par ailleurs, prôné une coopération
internationale en matière de droits de l’homme. Elle a rappelé que, depuis 1997, son pays avait un Bureau du Haut Commissaire aux droits de l’homme. Le soutien de ce bureau a
contribué à l’adoption de politiques efficaces afin de faire face aux défis des droits de l’homme, notamment ceux reliés à la violence causée par les groupes armés illégaux. La Colombie
dispose aussi de mécanismes bilatéraux de dialogue sur les droits de l’homme avec l’Union européenne, le Canada et l’Espagne, afin de promouvoir l’échange d’informations.
Mgr CELESTINO MIGLIORE, Observateur permanent du
Saint-Siège, a centré son intervention sur la liberté de conscience et de religion dans le processus de promotion et de protection de tous les droits de l’homme. Il ajouté qu’il
n’existait aucune religion sur la planète qui ne fût pas persécutée. Les chrétiens sont parmi les groupes qui souffrent le plus de discrimination, a-t-il dit. Au cours des derniers
mois, dans des pays asiatiques et du Moyen-Orient, les communautés chrétiennes ont été attaquées et de nombreuses personnes tuées ou blessées, leurs églises et domiciles brûlés. De tels
actes ont été commis par des extrémistes en réponse à des accusations contre des individus perçus, selon les lois contre le blasphème, comme irrespectueux envers les croyances d’autrui.
Dans ce contexte, il salué la promesse du Gouvernement pakistanais de réviser les lois en question.
La législation sur le blasphème est, selon lui, trop fréquemment devenue un prétexte pour les extrémistes qui
persécutent ceux qui ont librement choisi de suivre un système de conviction d’une foi de tradition différente. De telles lois ont été utilisées pour favoriser l’injustice, la violence
sectaire et la violence entre les religions. Les gouvernements doivent rechercher les causes profondes de l’intolérance religieuse et rejeter de telles lois en tant qu’instruments
d’abus. La législation qui restreint la liberté d’expression ne peut changer les comportements. Il a réitéré la nécessité d’un dialogue entre les différentes religions pour une
meilleure compréhension et un moyen de lutte contre la violence motivée par l’intolérance. La coopération entre les religions est une condition préalable à la transformation de la société
et doit contribuer à changer les esprits et les cœurs en vue d’une culture de la tolérance et de coexistence entre les peuples. L’un des moyens fondamentaux consiste également à adhérer et
à mettre en œuvre les instruments de base de l’ONU.
M. LIU ZHENMIN (Chine) a déclaré que le mécanisme des droits de
l’homme devait être amélioré. En ce sens, il a préconisé différents domaines d’actions. En premier lieu, il faut, selon lui, respecter les particularités des diverses
situations. Les pays ont de différents défis, il ne faut pas imposer un seul et même modèle. En deuxième lieu, il faut attacher de l’importance aux aspirations des pays en
développement pour leur droit au développement. La communauté internationale devrait ainsi démontrer une volonté politique et prendre des mesures concrètes pour bâtir un pont entre le Nord
et le Sud afin de parvenir à un développement partagé. Troisièmement, il est nécessaire de promouvoir l’édification de sociétés inclusives et de promouvoir une politique de tolérance zéro à
l’égard du racisme. Enfin, il a prôné l’amélioration du système des Nations Unies. En effet, le Conseil des droits de l’homme, la TroisièmeCommission et les organes des traités n’ont
pas pu se débarrasser de la politisation et du deux poids deux mesures dans leur travail, a-t-il estimé. À cela s’ajoute la sous-représentation des pays en développement dans les organes
des traités des droits de l’homme. Le représentant a plaidé en faveur du respect des principes d’objectivité, d’équité et de non-sélectivité.
Concernant l’examen périodique universel, qui est une innovation du Conseil des droits de l’homme, il a observé
qu’il fonctionnait lentement depuis ses origines. Il a affirmé que son pays avait fait beaucoup de progrès dans le domaine des droits de l’homme. Le pays a aussi développé la
démocratie en ratifiant notamment 25 conventions internationales sur les droits de l’homme. La Chine a un programme de relance face à la crise financière qui devrait améliorer le niveau de
vie du peuple ainsi qu’un programme de réforme de la santé publique en vue de garantir une couverture sociale pour tous les résidents dans les campagnes et les villes.
M. MOHAMMED LOULICHKI (Maroc) s’est réjoui de la densité des
instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme dans le cadre de l’effort de codification. Ce référentiel est devenu incontournable dans la réalisation de tous les droits de
l’homme. Cet aspect est le troisième pilier de la coopération internationale par le truchement des Nations Unies. Il demeure pourtant insuffisant tant qu’il ne se traduit pas par
l’application sur le terrain de l’ensemble de ces outils. Le représentant a observé par ailleurs qu’un clivage idéologique gagnait du terrain à la fois au Conseil des droits de l’homme et à
l’Assemblée générale, clivage qui a pris une dimension plus culturelle voire « civilisationnelle », selon le représentant marocain. Cette tendance est dangereuse et serait
susceptible de mettre en cause tout l’édifice si patiemment construit au sein des Nations Unies, a-t-il prévenu.
La cause des droits de l’homme est un patrimoine commun auquel chacun apporte sa spécificité. Le
représentant a recommandé d’avoir la sagesse et le courage de dire que les réalités et les différences culturelles sont incontournables. Elles ne doivent pas pour autant diviser les
sociétés mais les enrichir. Les réalités culturelles ne doivent pas conduire à une mise en cause de la défense des droits de l’homme. Ces deux thèmes ne sont pas antagonistes.
Ils sont parallèles, complémentaires et se renforcent mutuellement. Le vrai problème de la perversion du débat sur les droits de l’homme n’est en réalité que l’exploitation de ces droits de
l’homme à des fins politiques. Cela exige à la fois de relever les progrès et les difficultés. Le délégué du Maroc a fait état de manipulations cyniques et de petits calculs
politiciens de la part de certains dans ce débat. Ceux-ci cherchent simplement à détourner l’attention de la communauté internationale de leurs propres défaillances, a-t-il estimé.
Quant au Maroc, il s’est engagé dans un train de réformes dans le sens des droits de l’homme. C’est ainsi qu’il s’est soumis, dès 2007, à l’Examen périodique universel et qu’il se
maintiendra résolument dans cette voie.
Mme MADINA JARBUSSYNOVA (Kazakhstan) a déclaré que la crise avait
un effet négatif sur les droits de l’homme. C’est pour cette raison que le Gouvernement a établi une dimension humaine en plus de la dimension économique dans ses priorités de politiques
nationales. Elle a passé en revue les instruments internationaux signés par son pays depuis la dernière session de la Troisième Commission: la Convention sur les personnes handicapées et
son Protocole facultatif ont été signés, tandis que le Protocole facultatif à la Convention internationale sur les droits civils et politique et la Convention internationale pour la protection
des personnes disparues ont été ratifiés. Elle a montré que son pays coopérait avec les Comités des droits de l’homme et les procédures spéciales. Ainsi, le Kazakhstan a soumis son
premier rapport sur la mise en œuvre de la Convention internationale sur les droits civils et politiques et bientôt le pays soumettra un rapport relatif à la Convention internationale sur le
pacte civil et donné un rapport sur les droits sociaux, économiques et culturels.
En novembre dernier, le Comité des Nations Unies contre la torture a publié ses conclusions en réponse au deuxième
rapport périodique du Kazakhstan sur la torture. Le Rapporteur a rendu visite au mois de mai au Kazakhstan. Le Gouvernement a établi un plan d’action sur la mise en œuvre des
recommandations du rapport. Pourtant, le Rapporteur spécial a salué les efforts du Gouvernement kazakh mais a affirmé que dans les lieux de détention, les détenus avaient été préparés en
vue de sa visite. Or une lettre d’autorisation spéciale pour les visites lui a été donnée, et ses visites ne sont ni annoncées ni accompagnées par des officiels, a-t-il
assuré.
Sur la violence contre les femmes, la représentante s’est étonnée du fait que le Rapporteur spécial ait affirmé
qu’elle était répandue au Kazakhstan. Comment a-t-il pu arriver à de telles conclusions dans la mesure où il n’a visité que des lieux de détention, s’est-elle interrogée. Elle a
affirmé que la violence domestique dans son pays ne pouvait pas être considérée comme très répandue. Des mesures ont été prises et une loi doit être adoptée durant la session du Parlement
en cours. Son pays est décidé à maintenir une coopération efficace avec les procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme. Le Gouvernement a ainsi lancé une invitation ouverte
à tous les titulaires de mandat des procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme, ce qui est la meilleure preuve de la transparence de son pays, a-t-elle dit. Elle a ensuite passé
en revue les diverses mesures nationales concernant les droits de l’homme, notamment l’adoption d’un plan d’action des droits de l’homme 2009-2012 en vue d’améliorer la législation des droits de
l’homme et de sensibiliser le public à cet égard. Elle a exprimé sa conviction que le mécanisme d’Examen périodique universel protégeait les droits de l’homme dans la mesure où il est
caractérisé par les principes d’objectivité, de non-sélectivité et d’impartialité.
M. JAKKRIT SRIVALI (Thaïlande) a considéré qu’il n’y avait pas de
démocratie sans respect des droits de l’homme. Ces dernières années, en dépit des troubles intérieurs, le pays a respecté ses engagements internationaux, a-t-il dit. Ce sont des
éléments essentiels pour la justice, la transparence, la non-discrimination et autres principes relatifs aux droits de l’homme. Le représentant s’est dit fier de la création de la
commission intergouvernementale, décidée par l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE). Il a assuré que son pays ferait tout pour que ce nouvel instrument joue dûment son rôle
dans la consolidation du cadre des droits de l’homme au niveau de la région. L’Examen périodique universel est l’un des mécanismes les plus innovants du Conseil des droits de l’homme.
Il a espéré que ce mécanisme assurerait une couverture universelle et un traitement égal de tous les États. Il a dit souhaiter travailler avec tous les partenaires pour se rapprocher d’un
désir partagé qui est celui du respect de tous les droits de l’homme, partout.
* *** *